| Monsieur
le 1er Secrétaire de l’Ambassade Suisse de Dakar.
Monsieur le Directeur de la Pêche Maritime.
Messieurs les directeurs et chefs de services.
Mesdames, Messieurs, chers invités.
Nous sommes très
heureux ce matin de vous accueillir dans cette salle en vue
de vous présenter l’état
d’avancement de notre projet de gestion des ressources
halieutiques dont le financement nous a été accordé par
la Coopération SUISSE.
Le projet a été initié par
FENAGIE-PECHE et PORT-SYSTEMS par rapport à la grave
crise que vit l’un des piliers essentiels de notre économie
nationale et qui mérite bien que l’on y prête
une grande attention, je veux nommer la pêche.
En effet,
vous vous en rappelez certainement, en Novembre 1997, la
FENAGIE-PECHE avait organisé un atelier à DIONEWAR
dans les îles du Saloum afin que les professionnels,
les chercheurs et les décideurs réfléchissent
ensemble sur les menaces qui guettent notre profession depuis
la fin des années quatre vingt et qui se sont davantage
manifestées dans le courant des années quatre
vingt dix.
Pour illustration, en 1971 en une heure l’on
pouvait capturer 190 Kg de BADECHE contrairement à 1998
où le
rendement n’était que de dix (10) kg pour la
même
durée. Plusieurs espèces d’ailleurs selon
les biologistes ont présenté les mêmes
aspects.
Aujourd’hui, le constat est général,
la ressource se raréfie de jour en jour. Les causes
essentielles se résument ainsi :
- destruction des habitats
- forte pression sur la ressource
- mauvaises pratiques de la pêche.
Face à cette
situation, la FENAGIE-PECHE a refusé de
se limiter tout bonnement à reconnaître la part
de responsabilité des pêcheurs artisanaux qui
ont eu le tord d’avoir tout naturellement suivi leur
instinct en pêchant davantage pour répondre à une
demande de plus en plus importante certes, mais également
pour gagner autant qu’avant et parvenir ainsi à assurer
le quotidien.
Comme mesure à prendre, nous avons tout
d’abord
lié un partenariat avec nos amis SUISSES de PORTS-SYSTEMS
pour la recherche de solutions quant à la gestion
de l’accès à la ressource grâce à l’appui
financier de la Coopération Suisse et d’autre
part nous avons initié un vaste programme de sensibilisation
des professionnels artisans à travers le volet PECHE
DURABLE d’un programme triennal appuyé par notre
partenaire néerlandais, la NOVIB.
Avec PORTS-SYSTEMS,
nous sommes en phase terminale de notre projet de gestion
des ressources halieutiques basé sur l’informatisation
de l’immatriculation
du parc piroguier et l’informatisation de la collecte des données
de capture dont les tests ont été effectués dans trois
(3) lieux de débarquement, à savoir, RUFISQUE, CAYAR, et HANN.
Nous avons ce matin donc, l’opportunité de vous présenter
les résultats de la phase test de notre projet pilote qui nous a donné grande
satisfaction, mais qui nécessite encore des développements et
des améliorations.
Bien sûr, il ne pouvait en être ainsi qu’à l’occasion
de la mise en pratique du projet sur le terrain.
Nous suggérons d’aller
de l’avant avec cette solution et de
mettre en place un site de débarquement prototype totalement équipé et
fonctionnel, en vue de préparer l’extension de ce système
au niveau national.
Cependant pour assurer la viabilité de l’instrument
et la crédibilité des
informations produites, la Fénagie Pêche juge qu’il
est indispensable de créer une structure autonome regroupant toutes
les parties prenantes du secteur de la pêche qui prendrait en charge
la gestion de l’immatriculation
et l’organisation de la collecte des données de capture.Cette
structure autonome pourrait être financée pour une
bonne partie par les bailleurs de fonds et pour l’autre par
les pêcheurs eux-mêmes.
Par ailleurs, s’agissant
de notre projet PECHE DURABLE, nous sommes entrain de sillonner
les plages en compagnie soit d’un agent du CRODT, de
la DPM ou de la DPSP afin d’organiser des rencontres
avec pas moins de cinquante (50) professionnels par site
avec lesquels nous discutons
sur la situation de
crise actuelle que nous vivons et aussi nous les sensibilisons
sur la réglementation,
les mauvaises pratiques, etc.
Cette série d’animations
sera clôturée par un atelier
sur la problématique des ressources halieutiques au Sénégal
et ceci dans la deuxième quinzaine du mois d’Avril.
Cependant,
Mesdames, Messieurs, chers invités, nos actions, il
faut le dire, seront à elles seules insuffisantes. Nous
devons nous donner la main en rassemblant toutes nos forces,
car l’exploitation
des ressources demande une gestion paritaire. L’administration,
la recherche, le privé et
les professionnels doivent se mobiliser et agir ensemble. Ainsi
donc, profitons de l’occasion qui se présente.
L’état,
qui est notre premier partenaire a non seulement la lourde
tâche de faire appliquer la réglementation,
mais il doit préconiser
une nouvelle forme d’accord de pêche et aussi
mettre en œuvre
une politique efficace de la pratique du métier de
pêcheur
en scrutant par exemple de nouvelles pistes dont les instruments
modernes de régulation
de l’accès à la ressource.
Les professionnels
de la pêche artisanale, à travers une interprofession
qui verra le jour dans un bref avenir, devront s’engager
pleinement à côté de
l’état et des organismes de recherche pour encourager
la mise en place d’actions de tout genre pour lutter
efficacement contre la disparition des stocks de poissons
au Sénégal et dans la sous région.
Mesdames,
Messieurs, en vous remerciant de nouveau d’avoir
bien voulu accepter notre invitation, je vous remercie de
votre bien aimable
attention. |